Familles recomposées : laissez du temps aux enfants !

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Familles recomposées : laissez du temps aux enfants !

Message par Admin le Mer 24 Mar 2010 - 9:20

Familles recomposées : laissez du temps aux enfants !



Pas toujours facile de débuter une relation lorsque l’âme soeur… a déjà des enfants ! Comment se faire accepter par ces bambins ? Quelle place tenir par rapport à l’autre parent, l’"ex" ? Comment faire cohabiter les enfants nés de plusieurs unions ? Pour Marie-Dominique Linder, psychanalyste auteur de "Familles recomposées : guide pratique", il faut prendre le temps de créer des liens. Elle nous livre ses conseils pour fonder un foyer heureux… à plusieurs.

Doctissimo : Est-ce que la "recomposition" d’une famille est-elle toujours difficile ?

Marie-Dominique Linder : Tous les cas de figure existent. Mais pour schématiser, cela se passe souvent bien au début. Les enfants sont plutôt enthousiastes, car ils voient leur père ou leur mère retrouver le sourire. Cela commence à se corser lorsque le nouveau venu vient vivre avec eux. Car cette fois, il entre dans leur territoire ! Et c’est là que les difficultés apparaissent. Tant qu’il ne franchit pas cette limite, tout le monde y trouve son compte…

Il peut aussi y avoir des situations plus difficiles dès le départ. Par exemple, lorsque le nouveau venu est à l’origine de la séparation des parents. Cela se passe souvent plus mal, car les enfants prennent instinctivement parti pour le parent délaissé.

Doctissimo : Y a-t-il un délai à respecter entre la séparation et la recomposition, pour faciliter l’accueil du nouveau conjoint ?

Marie-Dominique Linder : Lorsque le divorce ou la séparation sont trop récents, trop présents, les enfants peuvent réagir de manière violente. Car au fond d’eux-mêmes, les enfants ne veulent pas que leurs parents se séparent. Il faut du temps pour qu’ils digèrent. La recomposition sera plus facile et plus solide si la séparation est ancienne, et je dirais même si le parent a connu une période de solitude. Car alors, le fait de retrouver un conjoint est vécu par les enfants comme quelque chose de positif, une sorte de soulagement.

Doctissimo : On a tendance à dire que la recomposition est plus facile avec des enfants plus jeunes. Est-ce le cas ?

Marie-Dominique Linder : Effectivement, le nouveau conjoint est accepté plus facilement avec des enfants plus jeunes. Même s’il existe des contre-exemples. Ainsi, il peut y avoir vers 4 ou 5 ans des difficultés : les enfants sont en phase oedipienne, ils peuvent avoir des réactions plus marquées face au nouveau conjoint du sexe opposé. Chez les enfants plus âgés, la cohabitation est souvent moins aisée : il a souvent déjà vécu plusieurs années avec ses deux parents, et il peut avoir du mal à accepter le nouveau conjoint. Chez l’ados, c’est encore pire : car la notion de territoire est plus marquée. Sans compter qu’il est dans la période où il va rechercher l’opposition : le nouveau conjoint est la victime idéale de cette révolte !

Doctissimo : Mais alors comment faciliter cette arrivée du nouveau conjoint ?

Marie-Dominique Linder : Comme je le disais, il faut avant tout laisser du temps. Ensuite, il est important que l’enfant ne vivent pas le nouveau conjoint comme quelqu’un d’imposé. Il est important de créer du lien, de démarrer une relation. La première pierre de l’édifice, c’est d’abord le lien entre le nouveau conjoint et le parent : si celle-ci est solide, l’enfant va le sentir. Il est important que le couple prenne le temps de construire sa relation, puis d’inclure progressivement les enfants.

Doctissimo : Comment le nouveau conjoint doit-il se positionner par rapport à l’"ex" ?

Marie-Dominique Linder : Le plus difficile, c’est lorsque l’autre parent est toujours seul, ou n’apprécie pas l’arrivée d’un nouveau conjoint. Cela crée pour l’enfant un conflit de loyauté… La meilleure recomposition, c’est quand l’autre parent reconnaît l’autre conjoint, et lui délègue même quelque chose, une partie de l’autorité parentale : il lui confère "officiellement" un statut de belle-mère ou de beau-père. Cela permet à l’enfant de ne pas se mettre en porte à faux entre les deux parents : il se sent autorisé à aimer le nouveau venu.

Doctissimo : Si chacun des conjoints a ses propres enfants d’une relation précédente, les demi-frères et demi-soeurs s’entendent-ils ?

Marie-Dominique Linder : Oui, généralement une nouvelle solidarité se crée d’instinct. Car chacun des enfants a déjà vécu la douleur de la séparation de ses parents. On a d’emblée une sorte de reconnaissance : s’ils ne sont pas frères et soeurs de sang, ils sont frères et soeurs de souffrance, et cela crée forcément des liens.

En revanche, il peut y avoir des cas de conflit : si par exemple le père n’a pas la garde, et qu’il a rencontré une autre femme avec un enfant. Dans ce cas, une jalousie peut apparaître. Les enfants peuvent se sentir abandonnés par ce père, qui donne à un autre l’affection qu’il ne leur donne plus… Il est donc très important d’en parler dans ce cas et là encore, d’essayer de créer du lien.

Doctissimo : Et comment se passe l’éventuelle arrivée d’un bébé né de la nouvelle union ?

Marie-Dominique Linder : L’enfant qui né dans la famille recomposée est toujours bien accueilli : il légitime la nouvelle union. Il rassemble, c’est le ciment du nouveau foyer.


Propos recueillis par Alain Sousa - Mis à jour le 8 octobre 2009

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