La naissance de Nino
Depuis que notre sage-femme était venue chez nous début mai pour la visite de repérage elle m’avait dit qu’à présent je pouvais accoucher à domicile. Je pensais accoucher dans les jours qui suivaient et de nombreuses nuits de faux travail se sont succédées.
Mardi 1er juin : Je me réveille, avec une contraction différente de d'habitude plus basse et plus intense, je me dis que c'est enfin le bon jour, à 3 jours de la DPA il serait temps.
Je me lève et rejoins mon Léni et son papa dans le salon et contrairement aux autres matins où je dis sa ne sera pas pour aujourd'hui je dis on va avoir un bébé aujourd'hui.
La matinée passe avec des contractions douloureuses mais plutôt courtes et irrégulière. Je ne mange pas beaucoup puis vais coucher Léni pour sa sieste, on décide d'appeler la maman de Rémi pour quelle passe prendre Léni, elle viendra après avoir été chercher les cousins à l'école.
Vers 18h on appel notre sage femme pour lui dire ou on en est mais qu'il n'est pas nécessaire qu'elle se déplace pour le moment donc je prends un bain.
Vers 20h je n'ai presque plus de contraction, gros coup de déprime, je suis vraiment blasé si toute cette journée n'a servi à rien, je dis à Rémi d'envoyer un message à notre sage femme pour lui dire que se ne sera pas pour ce soir et je vais me coucher. Je n'arrive évidemment pas à dormir et au bout d'une heure je retourne dans le salon avec Rémi on grignote et discute, une contraction se pointe de temps en temps, au fond de moi j’y crois encore un peu.
Vers minuit on retourne se coucher tous les deux, Rémi s’endort comme une masse, mais pour moi une contraction plus longue que celle de la journée me fait regarder le réveil à nouveau.
Je ne me rappelle plus de combien elles étaient espacées ni quelle heure je m’étais fixée pour me relever mais je sais que je me suis relevée avant car la douleur était trop difficile à gérer allongé.
Je me retrouve donc seule dans mon salon, je déplie le canapé et met un peu de musique, je traîne un peu sur l’ordi et marche lorsqu’une contraction arrive, je vais chercher la couette de mon fils et fait un tas avec quelques coussins sur mon canap' et je m’appuie dessus lors des contractions, puis je lève pour marcher tout en tentant d’estimer un temps entre chaque contraction mais je n’y arrive pas vraiment, je suis ailleurs. Vers 3h je n’en peux plus et décide d’aller réveiller Rémi, je lui dit que les contractions sont revenu à bloc il me répond à moitié endormi « réveil moi quand ta besoin » , c’est se que je viens de faire mais je n’insiste pas et repart dans le salon et la je sens que du liquide coule le long de ma jambe, je vais vite au toilette et cris à Rémi que la poche des eaux est rompue, il me répond « ah bon tu faisais pas pipi » !!!
Vers 3h30 il appelle notre sage femme, on installe la bâche et un drap sur le canapé, j’ai l’impression d’avoir déjà envi de pousser mais je n’imagine pas en être déjà à cette phase la, ça me semble avoir été trop simple. Pendant toute l’installation je tremble nerveusement de façons incontrôlable.
Finalement je m’installe sur le canapé à genoux appuyé sur la couette et le tas de coussins et je tire sur une barre sous le canapé et l’envi de pousser et cette fois extrêmement forte, impossible de lutter, j’ai vraiment envi que notre sage femme arrive.
A 5h notre sage femme arrive enfin , elle remarque tous de suite que l’on voit la tête du bébé contrairement à Rémi qui n’avait rien capté. Mais le bébé va faire le yoyo pendant encore 40 minutes. Il progresse tous doucement, à chaque contraction Rémi et notre sage femme m’encourage et elle m’applique un gant chaud sur le périnée ce qui me fait un bien fou.
Au fond de moi je me traite de singlé et à haute voix je râle et dis que je n’y arriverais jamais, que je n’en peux plus, je pense même me blottir sur le coté, m’endormir et que tout s’arrête mais je sais bien que se n’est pas possible. À un moment notre sage femme essai d’écouter le cœur de bébé mais je bouge trop et elle n’insistera pas.
C’est finalement à 5h40 que mon petit bout se décide à sortir sa tête, que je ressens cette sensation de brûlure qui avait été décrite plus d’une fois dans les récits que j’avais lu, ainsi que l’impression de se déchirer. Notre sage femme lui enlève le cordon qui été autour de son coup puis je pousse une dernière fois et sens tout son petit corps glisser hors de moi.
Je l’entends pleurer et tout de suite je me retourne et je l’attrape pour le mettre contre moi, il faut dire que mon premier est né à 32 SA et que je l’ai à peine vu, que je n’ai pas pu le sentir... Cette fois, si, il est hors de question que quelqu’un d’autre prenne mon bébé.
Le cordon arrête tout de suite de battre, Rémi le coupe.
On découvre que notre bébé est un petit mec, nous avions sélectionné 3 prénoms et après réflexion se sera Nino.
Un peu plus tard on le pèse et à 2 jours de la DPA mon bébé fait 4k060, 2 jours plus tard il sera mesuré, 53cm et 37cm de PC en vérifiant le carnet de Léni je me rend comte que c’est exactement ses mensurations à 2 mois et demi.
J’ai eu seulement une déchirure qui n’a pas nécessité de points, je n’imagine pas comment cela se serait passé à l’hôpital.
Jamais après mon accouchement préma je n’aurais pensé avoir une grossesse aussi peu médicalisée (aucun touché vaginal durant toute ma grossesse) et un accouchement aussi respectueux, ma sage femme fut super et quel bonheur d’être chez soi.
Camille